J'y ai cru, vraiment, car depuis jeudi soir le moral était moins bas, moins d'idées noires, moins de pensées suicidaires, plus d'images dans ma tête où je me voyais me couper les veines ou me scarifier. Je me sentais pas bien, juste mieux. Je me suis dis qu'enfin le médicament était le bon.
J'ai eu du mal à prendre mes 3 valium par jour, le matin ça me met tellement chiffon que je ne prenais q'un demi comprimé le midi. Mais hier en fin de journée j'ai compris que les 3cp étaient indispensables. Alors ce midi, j'ai franchi le cap et je l'ai pris. Cela dit, je ne suis pas sédatée comme les 3 derniers jours, mon organisme doit si faire (puis passer de 1/2 à 1 ça ne change pas grand chose en soi).
Depuis hier soir je suis mal, mal dans ma tête, mal dans mon corps. De nouveau cette impression d'avoir un énorme poids en moi. J'avais retrouvé un peu le sourire, mon esprit était vide de pensées stupides.
Pourquoi ça recommence? Qu'ai je fait? ou pas fait?
Je veux tellement que cet antidepresseur fonctionne, je ne crois pas en Dieu mais je prie pour qu'il me soulage. Déjà, le valium permet d'éviter la montée en pression, que je ne me fasse du mal.J'y pense mais je ne passe pas à l'acte. Mais pendant combien de temps?
Si c'est un nouvel échec, je vais avoir un autre traitement qui ne me branche pas trop. Je sais qu'il faut trouver de quoi m'aider, de quoi me soulager, mais là je vais arriver à un stade où je vais paniquer en raison de mon traitement.
J'ai envie de hurler, envie de pleurer, envie de m'endormir à jamais. C'est mauvais d'avoir cela dans la tête je le sais. Une partie de moi veut en parler à mon psychiatre, l'autre non. Toujours cette dualité. Mais en même temps, ne rien dire risque de me conduire sur le même chemin que les semaines passées. Avec ça
Je souffre mais je voudrais être enfin capable de l'exprimer autrement J'essaye de cacher que je vais mal mais c'est de plus en plus compliqué. Je commence à regarder les endroits où je peux me scarifier sans que cela se voit (afin de le cacher) Je veux pas que l'on sache que j'en suis arrivée là. Que ça recommence.
J'ai conscience que la dépression est là. Je suis sortie de la bulle de l'anorexie et c'est du coup bien plus douloureux. Je suis connectée avec la réalité, je suis dans le monde et en dehors aussi. La réponse à comment vas tu est bien sûr "très bien, je vais très bien" les lunettes de soleil sont bien utiles en été. Mais au fond de moi, je pleure, au fond de moi je ne pense qu'à me sentir libre. Partir c'est égoiste mais pourquoi rester là.
Hier, j'étais persuadée que je pourrais échapper à la l'hospitalisation. J'allais mieux. Mais en même temps, si mon mal être est accentué par les AD, cette hospitalisation est-elle nécessaire quand même? Sans AD, je n'irais pas forcément plus mal?
Je ne veux plus que mes parents me voient comme ça. Si je pars, ils seront tristes, je le sais, mais peut être seraient ils enfin libérer aussi de moi, de ce boulet que je suis, de cette chose qui est incapable de trouver un sens à sa vie, de leur fille qui a bousiller sa vie, qui ne vaut rien, je ne suis rien, je ne représente rien, je n'ai aucun intérêt.
Et si tout compte fait mon destin c'était elle?

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